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dimanche 19 juin 2016

Une table de nuit suspendue en chêne

J'avais depuis quelques temps, besoin d'une nouvelle table de nuit qui s'accroche au mur et qui ne prenne pas trop de place. ie: qui loge entre le lit et le mur :) Voyons donc ensemble sa réalisation.

Tout commence toujours par des plans. J'ai beau être un geek, j'aime bien "dessiner" à la main. Donc, cahier, crayon, et une série de plans, 3D, coupe, à l'échelle et quelques détails pour fixer mes idées.


Côté matière, c'est simple, du chêne comme le reste des meubles. Côté dimension, on essaye de caler au mieux au nombre d'or pour que ce soit agréable à l’œil. Pour la construction, c'est l'occasion rêvée d'utiliser ma lamelleuse toute neuve :)
1ère étape, faisons une planche plus large que ce dont je dispose.


On lamelle
On encolle
On serre
Une fois sec, il faut prendre un peu de temps pour regarder le bois. C'est l'étape ou l'on choisit comment agencer nos morceaux. J'aime bien tracer à la craie les différentes pièces avant de couper à la bonne taille. On fera aussi des marques d'établissement pour reconnaître nos assemblages.
Découpe
Marquage
Puis viens l'assemblage, toujours avec la lamelleuse. Cette machine est un vrai bonheur !
Les champs de l'étagère


Les côtés
Assemblage à blanc
Cette dernière est primordiale. Par exemple je me suis aperçu que mon étagère était un peu trop longue. Imaginez la crise s'il y avait déjà eu de la colle partout !
Viens alors le bonheur de tout "menuisier", le ponçage ! Dans mon cas, le triptyque habituel, 80, 120, 180.
Oh joie !
Encollage
Il est temps de s'attaquer au tiroir. Commençons par la façade. On choisit soigneusement le fil des 2 pièces qui vont la composer. Puis on les met droites pour que le joint soit le plus discret possible, et on colle. Une fois sèche on retaille aux dimensions finales en gardant le joint bien centré.
Oh, les beaux dessins !

Attention aux doigts

Jamais trop de serre-joints
une coupe de chaque côté
 Pour la caisse, j'ai utilisé du bois de coffrage récupéré sur mon chantier de maison. Un ponçage grain 50 s'impose avant de passer ça à la raboteuse.
Ça faisait longtemps

il est presque beau
Puis, passage à la défonceuse avec mon gabarit à queues droites. Et 2 petits coups de scie décalés qui feront la rainure pour le fond.
Ne pas oublier le pare-éclats

Rainures de 5-6mm

Ça dépasse, mais c'est normal :)

Tiens, des serres-joints !
Scie à araser
Et ponceuse
Reste à coller des petits "rails" pour faire glisser le tiroir. On prendra soin de les passer à la cire (abeille, bougie ...) pour que ça glisse sans problème.
Glissière de tiroir DIY
Puis on fixe la façade du tiroir (avec les 2 seules vis du projet).
Du double-face pour positionner la façade

Pièces et cartes à jouer pour l'écartement

Et voila !
2 couches d'huiles de lin pour la finition. La fixation au mur est réalisée avec des "french cleats". Cela assure une très bonne résistance et un plaquage parfait au mur.

Merci.

lundi 3 septembre 2012

Une table de défonceuse d'établi

Une défonceuse est un outil génial[1] mais qui a ses limitations. En particulier, dès que l'on veut travailler sur de petites pièces ou réaliser des tà¢ches en série, la mise en place devient très vite galère et répétitive. C'est pour cela qu'en général, dès que l'on à  une défonceuse portative, on cherche à  la mettre sous table. Ceci consiste à  la fixer sous un plateau, la fraise dépassant alors vers le haut. On ne bouge plus la défonceuse, mais la pièce de bois à  travailler. Comme tout le monde j'ai donc voulu faire ça :)
Il existe une quantité incroyable de plans, de discussions et de méthodes pour faire une table de défonceuse. Dans mon cas, mon cahier des charges tenait en quelques points :
  • à  poser sur un établi plutôt qu'un meuble à  part entière (portative donc)
  • relativement simple à  réaliser
  • le moins de perte de hauteur possible (évidement)
  • utiliser un peu du bois qui traà®ne et encombre mon atelier, garage, étagères, armoires ...
J'ai donc retenu ces quelques solutions :
  • un morceau de plan de travail de cuisine (de l'aglo mélaminé épais, cela restera rigide et plat dans le temps)
  • un piètement en contreplaqué de 22 qui me reste des étagères de la cuisine
  • une plaque support pour perdre un minimum de hauteur en garantissant la rigidité (le seul achat)
  • un guide simple en CP basé sur le même principe que pour ma perceuse à  colonne
On commence donc par tracer la plaque support sur le plan de travail puis réaliser une rainure ayant comme profondeur l'épaisseur de la plaque. Comme la précision est importante à  ce point, l'aide d'un gabarit droit est très utile[2]. Il suffit ensuite de découper le surplus intérieur à  l'aide d'une scie sauteuse.

Étape suivante, le piètement. Facile, 3 morceaux de CP et 3 bouts de tasseaux. Un montage à  blanc pour tester, un petit chanfrein pour le plaisir et voila. Reste une opération importante, percer deux[3] trous dans la plaque support pour fixer la semelle de la défonceuse dessous. C'est la partie la plus critique. Il ne faut pas que les vis de fixation dépassent de la plaque et la défonceuse doit être bien maintenue.

On pourrait s'arrêter la. Un tasseau bien droit et 2 serre-joints pour le guide et ça marche ! Mais bon, pourquoi bouder son plaisir ? Allons un peu plus loin !
Comme les tables de défonceuses, les guides pour celles-çi sont multiples. Du simple tasseau (dégauchi) évoqué ci-dessus jusqu'au guide à  réglage micrométrique. Restons simples[4] : deux morceaux de CP tenus en angle droit avec des équerres, une découpe pour passer la fraise et une cage avec un trou derrière pour l'aspiration. Sitôt dit (presque)sitôt fait. On s'appliquera bien pour que le guide soit d'équerre par rapport au plan de travail et bien poncé pour que les pièces glissent bien dessus[5]. Pour le régler, très simple: un point de pivot d'un coté[6] et une pince de l'autre.

Tant qu'on est lancés, on va faire une petite boà®te pour stocker les fraises et autres petits trucs. Quitte à  avoir une défonceuse, autant l'utiliser, donc rainures et feuillures[7] nous donnent un boà®te qui ne se défera pas de sitôt :)

Enfin, on termine par les très importants poussoirs qui éloigneront les mains de cet engin somme toute très dangereux. La encore, on fait dans la récup, morceau de parquet et vieux bout de tasseaux. L'anti-dérapant est coupé dans un tapis acheté il y a des années au bricotruc du coin.

Et voila, enfin, je peux rendre fixe ma défonceuse mobile :)

Blague à  part, je ne regrette pas le temps passé, c'est super pratique. Le temps de montage/démontage est très raisonnable (quelques minutes), le réglage est assez facile (je sort la défonceuse de sous la table).
Edit: Comme je n'ai pas été très clair à  propos de l'utilisation du guide, voici quelques précisions. Tout d'abord, un plan :

On voit qu'il y a une rainure traversante découpée dans la base du guide. Positionnée en face d'un trou dans la table, elle permet à  l'aide d'un boulon de faire un point de pivot. L'autre coté peut ainsi bouger d'avant en arrière pour régler la distance entre le guide et la fraise. Le guide n'a pas besoin d'être parallèle au bords de la table[8] Le pivot est un simple trou dans la table, mais doit (dans mon cas) être une rainure dans le guide. Cela permet de déplacer le guide dans l'autre sens (de droite à  gauche) pour aligner la lumière d'aspiration avec la fraise (et aussi garder le coté proche du bord de la table pour coincer avec ma pince).

Notes

[1] Je renvoi ceux qui ne connaissent pas vers Wikipedia
[2] On pensera aussi à  préparer des butées pour éviter de dépasser des traits comme moi.
[3] ou trois selon votre défonceuse
[4] mais pas trop :)
[5] j'envisage aussi de le cirer
[6] un boulon qui traverse la table et le guide
[7] on peut même les faire avec la table nouvellement réalisée \o/
[8] ou à  l'outil, contrairement à  un guide pour scie circulaire par exemple


Commentaires du post original

jeudi 8 décembre 2011

Fabrication d'un établi

le 1er accessoire indispensable dans un atelier est l'établi. Jusqu'à  présent je me suis contenté d'un plan de travail de cuisine posé sur des tréteaux. Comme en prévision du bricolage de cet hiver je réorganise mon atelier, j'ai trouvé que c'était le moment parfait pour réaliser un vrai établi. Le plan de travail sus-cité et du bois d'ouvrage récupéré sur le chantier[1] m'ont fournit la matière première.
Si l'on cherche sur le grand ternet, on trouve de nombreux plans et idées allant du plus simple au plus perfectionné q(ui aurait plus sa place dans le salon tellement il est beau). Comme exemple, je vous en ai sélectionné 3, tous en vidéos :
De mon côté, comme je ne voulais rien acheter[3], j'étais limité dans mes dimensions et ma structure par le bois disponible. En plus, c'était l'occasion rêvée de s'entraà®ner sur des techniques pas trop maà®trisées. Les ratages ne sont pas très graves cachés au fond de l'atelier :) J'ai donc fait mes plans en choisissant un assemblage à  mis-bois, plus solide que de simples vis mais facile à  réaliser quand même.
Bien entendu, je commence par réaliser l'établi en virtuel avec Google sketchup. Les dimensions principales sont fixées par le plan de travail dont je dispose déjà . C'est l'occasion d'essayer différents assemblages en ayant une idée rapide du rendu. Ensuite cela me permet de voir les pièces à  découper et leurs dimensions. J'ai poussé le vice jusqu'à  représenter fidèlement toutes les liaisons entre les montants mais on peut se contenter de représenter juste le principal. De toutes façons les dimensions finales sont mesurées et marquées lors des multiples assemblages à  sec réalisés au fur et à  mesure de la construction. L'éclaté est réalisé simplement à  l'aide de l'excellent script Eclate_deplace
plan éclaté
Puis, je prépare le bois de récup' à  l'aide de ma nouvelle rabau-dégau[4]. J'en suis très content, c'est un vrai bonheur de travailler avec du bois bien plan et d'équerre. J'ai quand même un peu galéré pour les pièces de 150cm de long. Une machine d'entrée de gamme ne vaut pas celles à  plus de 1000€. Rien que de très normal. Pour la longueur, une 1ère coupe large suivie d'une coupe ajustée après. Cela permet d'assurer des longueurs équivalentes et des coupes bien droites. Bien sur, protection des yeux et des oreilles indispensables !
bois brut dégauchir
Viens ensuite les découpes des assemblages à  mis-bois. J'ai réalisé la majorité avec la scie circulaire installée sous table. On règle la hauteur de la lame suivant la profondeur de l'entaille[5] et à  l'aide de multiples passages on enlève le superflu. Il ne reste plus qu'a nettoyer le fond au rabot et au ciseau à  bois. J'en ai aussi fait certaines juste à  la scie à  main[6]. J'envisage depuis d'investir dans une scie spéciale pour le bois de bout, c'est dur[7] avec une scie égoà¯ne standard. Enfin d'autres entailles ont été réalisées avec plusieurs trais de scie à  main et le ciseau. (photo ci-dessous) L'expérience étant irremplaçable, mes derniers ajustements sont bien meilleurs que les 1er. Ayant un peu honte de ceux-ci, je ne vous met la photo que d'un des derniers :) Tout au long du processus, on marque bien toutes les pièces et on réalise de fréquents assemblages à  blanc.
entaille manuelle mis-bois
Enfin, lorsque toutes les pièces sont prêtes, je réalise un dernier assemblage à  blanc puis je colle/visse tout cela. Vu le nombre conséquent d'imbrications j'ai fait en plusieurs étapes. En premier les cotés. J'en ai profité pour chanfreiner tous les coins accessibles à  la défonceuse et au rabot. Cela permet d'éviter de se blesser ou de prendre des échardes. En plus ça donne un look beaucoup plus fini à  l'ensemble.
tous les morceaux ça sèche
Pour finir un peu d'huile pour parquet étalée au pinceau sur toute la structure (ça protège le bois) et on colle/visse le plateau dessus. Pour l'étagère, j'ai retaillé de vielles étagères en pin dont les montants sont inutilisables. La aussi colle et vis offriront une résistance maximale. Voila donc un établi solide qui ne bougera plus comme mes tréteaux dès que je veux scier ou donner des coups de marteaux.
ayé

Notes

[1] et patiemment stocké au grand dam de madame
[2] un nom prédestiné s'il en est !
[3] un petit challenge perso
[4] cadeau de Noà«l en avance
[5] un poil moins en fait
[6] au bout des montants
[7] et donc peu précis


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dimanche 13 novembre 2011

Aménagement d'atelier : French Cleats

En prévision du bricolage que je vais avoir à  faire dans les mois qui viennent[1], j'ai commencé à  ranger/organiser mon atelier. Il est bien plus facile de travailler quand chaque chose est à  sa place et est donc rapidement accessible. Parmi les actions entreprises, je voulais accrocher mes outils au mur. n'ayant pas de mur dispo, j'en ai créé un avec une plaque de fermacel reposant sur mon plan de travail. restait alors à  choisir comment agencer tout cela.
Quand il s'agit de ranger des outils, la première recherche renvoi vers les pegboard et équivalents. mais cela revient très vite très cher et il manque toujours le petit accessoire dont on a besoin tout de suite. Celle qu'on trouve en promo sont généralement de piètre qualité et je ne leur confierai pas forcément tous mes outils. Par contre l'énorme avantage sur un agencement maison est la modularité. Du coup comment garder une forte modularité combiné à  un agencement fait main et donc parfaitement adapté/adaptable à  ses propres outils ?
Je n'ai pas trouvé la solution tout seul, mes lectures du moment m'ont amené sur le site TheWoodWhisperer[2] et en particulier son épisode 106 – French Cleat Storage System ou il décrit sa méthode pour ranger ses outils. Le terme étant alors connu on trouve de multiples références dénotant de la très large utilisation de cette technique. à€ noter qu'on l'appelle aussi parfois Split Batten. Si quelqu'un connait l'appellation française, je suis preneur, je n'ai pas réussit à  trouver.
Le principe est très simple, on découpe un morceau de bois avec un angle à  45° dans le sens de la longueur. Une scie circulaire placée sous table est parfaite pour cela. on obtient deux parties: une qui sera fixée au mur, et une autre sur l'accessoire porte-outil. On a alors un système modulaire facile à  personnaliser. nous ne sommes plus limités que par notre imagination pour fixer n'importe quoi au mur.
Par exemple, voici le support pour les ciseaux à  bois et les rapes :

On distingue en dessous les deux parties avec la coup à  45°. Le reste est constitué de morceaux de contreplaqué qui traà®naient dans le coin[3]
Il est très facile de se confectionner des supports parfaitement adaptés et déplacables à  volonté.

Ici, une petite tablette parfaite pour le mètre/gomme/taille-crayon et son support à  crayon en véritable gaine électrique !
Et voila, en quelques heures de travail me voici avec un magnifique système de rangement évolutif, parfaitement adapté à  mes outils et qui ne m'a rien coà»té[4]

Notes

[1] j'y reviendrais
[2] Attention cliquer sur ce lien peut provoquer des heures de visionnage de vidéo sur le travail du bois
[3] toutes les chutes précieusement conservées depuis des années qui servent enfin à  quelque chose ;)
[4] enfin si mon temps ne coà»te rien


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